Mon intervention à l'ouverture des Assises Franco-Palestinienne.

RCDP3Monsieur le Ministre,
Monsieur le représentant du Président de la République,
Monsieur le représentant de Madame le Maire de Paris,
Messieurs les Ambassadeurs de l’Etat de Palestine en France et près de l'UNESCO
Mesdames, Messieurs les ambassadeurs et représentants des corps diplomatiques
Monsieur le Président de l’APLA,

Mesdames, Messieurs les réprésentants de la Coopération et des collectivités locales belges.
Monsieur le Directeur général de Cités Unies France
Mesdames, Messieurs les élus
Mesdames Messieurs,
Cher (e)s ami(e)s,

Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur Jack Lang de nous accueillir dans ce superbe établissement qu’est l’Institut du Monde arabe. Plus que jamais cette structure et son travail sont nécessaires et je vous encourage monsieur le Président à poursuivre coûte que coûte ce superbe projet porté avec Elias Sanbar, à savoir la création d’un musée d’Art moderne et contemporain en Palestine. Si, d’une façon ou d’une autre les collectivités locales françaises peuvent être d’une utilité quelconque pour servir cette ambition, nous sommes à votre disposition.

Je veux également remercier le ministère des Affaires étrangères pour son soutien constant et pour sa présence qui ne nous a jamais fait défaut. Ce partenariat est précieux, il est indispensable car nous savons très bien que la présence des collectivités locales françaises en Palestine est un enjeu qui va au-delà de nos territoires et que nous avons la faiblesse de penser que nous y représentons aussi la France et le peuple français dans ce qu’ils ont de meilleurs.

Mes remerciements s’adressent également à l’AFD partenaire au long cours de l’action des collectivités locales et qui cette fois également a répondu présente à notre appel. Merci à l’IRIS et à son directeur Pascal Boniface auquel je veux redire mon amitié et ma solidarité. Toujours présent, toujours fidèle, toujours passionné et passionnant.

Merci à l’ambassade de Palestine en France, à son ambassadeur et à l’ensemble du personnel diplomatique. Les liens qui nous unissent sont certes des liens de travail mais d’abord et avant tout d’amitié et de fraternité. Je veux le dire ici, devant vous, je me sens profondément Français, profondément républicain et je vois un lien étroit et une fidélité à notre histoire en faisant ce travail depuis maintenant de longues années. Notre l’objectif est la naissance d’un Etat palestinien viable, souverain, démocratique et existant conformément aux règles du droit international en travaillant avec les collectivités locales palestiniennes et l’APLA dont je salue à nouveau le Président. Nous nous inscrivons dans ce long et difficile parcours et je pense que nous n’avons pas à rougir du chemin parcouru.

A ce titre, un de mes amis de confession juive, très attaché à Israël, m’a demandé il y a peu, pourquoi je faisais ce travail pour la Palestine. Je lui ai répondu « pour la même raison que j’aime et comprends Israël, que je suis viscéralement attaché à la France que je me définis comme un patriote républicain, anticolonialiste. Quel honneur que de soutenir un peuple dans son combat pour la liberté et sa souveraineté, qui se forge un destin, se construit une Nation et veut ériger son Etat. Israël devrait être le premier à comprendre et à soutenir les Palestiniens. »

Ce faisant, j’ai le sentiment, peut-être par immodestie, que nous participons, à la marche de l’histoire et dans tous les cas que nous servons notre pays et la République de la meilleure manière qui soit.

Ce travail réalisé par le RCDP, les collectivités qui en sont membres et par Cités Unies France nous placent au cœur de l’une des questions politiques mondiales des plus complexes. Je me félicite des dernières prises de positions de la diplomatie française et de sa volonté de relancer les négociations.

En revanche, comment passer sous silence les dernières déclarations du Premier ministre israélien devant le 37ème congrès sioniste mondial. Ne soyons pas dupe, Benyamin Netanyahu connait son histoire. Son calcul est malheureusement totalement cynique, en établissant un parallèle entre le grand Mufti de Jérusalem et Adolph Hitler et même en affirmant que ce dernier aurait en réalité été influencé par le premier, il faut comprendre que les Palestiniens finalement ne sont que des nazis en puissance. Et avec les nazis, il faut leur faire la guerre et les éliminer, en aucun cas on peut négocier. De tels propos sont extrêmement graves et doivent être condamné de la manière la plus ferme.

Or, la résolution de ce conflit sera une source d’apaisement considérable dans la région et apportera des perspectives de développement importantes. Notre pays a un rôle majeur à jouer sur ce plan. Je ne peux que me féliciter de l’engagement toujours constant, sans cesse plus important, des collectivités françaises, et au-delà, de l’Europe toute entière, notre dernière manifestation « Dunkerque+10 » l’a amplement démontré.

Nous restons les plus importants en Palestine, notre organisation continue d’être unique. Et qu’il me soit permis en votre nom, de remercier toute notre équipe à Paris comme à Ramallah pour le travail remarquable qu’elle effectue au quotidien. Grace à eux tous, nous sommes efficaces, crédibles au service des populations et des projets que vous faites vivre.

Cet engagement des collectivités locales est à souligner. Son ampleur, sa vigueur est une source de satisfaction et je tiens à rendre hommage au courage, car il en faut, des élus locaux qui prennent leurs responsabilités pour s’engager sur un terrain difficile ou se mesure l’attachement aux valeurs que nous devons incarner. Comme j’ai coutume de le dire, on ne conduit pas un jumelage ou une coopération avec la Palestine, comme on le ferait avec la Principauté d’Andorre ou le Lichtenstein.

Je ne veux pas m’étendre sur la situation politique et le contexte dramatique qui règne une fois de plus en Palestine et en Israël. Chaque jour apporte son lot d’horreur et les intervenants qui me suivent vont, j’en suis sûr, largement aborder la question. Cependant, comment ne pas comprendre que l’absence de perspectives politiques, la poursuite de la colonisation, de l’occupation sont les principales responsables de cet état de fait. Je ne peux sur ce point que souscrire au propos tenu à l'instant par le représentant de Monsieur le Président de la République. S’ajoute à cela un Proche-Orient à feu et à sang qui est en partie le résultat de politiques occidentales irresponsables. Comment dès lors s’attendre à marcher au milieu d’une vallée de roses ?

Nos travaux de ces deux jours doivent nous aider à mieux saisir les enjeux auxquels nous sommes confrontés et tenter d’y faire face dans les meilleures conditions. Tache compliquée certes mais nous avons la certitude d’œuvrer pour un monde moins mauvais en faisant progresser la fraternité entre les peuples. Enjeu essentiel à l’heure de migrations massives qui interpellent légitimement la conscience de nos compatriotes. Mais le meilleur moyen de lutter contre ces déplacement est encore de faire en sorte que les hommes et les femmes qui veulent sauver leur vie, n’en éprouvent pas la nécessité parce que vivant bien chez eux, en sécurité, y travaillant, ayant des projets pour eux même et leurs familles.
Je souhaite plein succès à nos travaux

 

Claude NICOLET
Conseiller régional Nord Pas de Calais
Président du RCDP-Cités Unies France

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