Michel Delpech, un grand chanteur de notre imaginaire collectif.

Michel DelpechJe le reconnais bien aisément, je suis affecté par la disparition de Michel Delpech. Il était bien sûr un chanteur "populaire" comme on dit. C'est à dire qu'il a rencontré la faveur du public et que sa carrière musicale a été marqué par de nombreux succès.

Mais il avait un indéfinissable charme fait de retenue et de pudeur. Une sensibilité certainement à fleur de peau qu'une élégance naturelle lui permettait de transformer en force de vie. Il fait partie de ces hommes dont j'aurais souhaité être l'ami, avec le sentiment de l'avoir toujours connu, car il avait ce talent de savoir parler de ce que nous vivons.

Il savait mettre en  parole et en musique ce qui faisait le quotidien de nos vie. Nos espérances, nos désirs, nos ambitions, nos amours, nos échecs et tant de choses encore. Il savait en quelques mots dépeindre une situation et traduire une époque. La nostalgie n'était jamais très loin, voire même la mélancolie, et on sentait bien qu'elles étaient de fidèles compagnes. Le temps qui passe, les occasions manquées, cette impossibilité à retenir le temps qui emporte avec lui les instants présents pour ne laisser que des souvenirs... Il savait traduire avec une délicatesse infinie, renforcer par la douceur de sa voix et le charme de ses mélodies, ce que la vie peut avoir de difficultés mais aussi de joie et d'espérance. Chanteur de l'amour, du bonheur simple, toujours fugace et prêt à s'envoler, il touchait le coeur de son public.

Il a incarné par ses chansons, toutes les tansformations profondes que la socièté française  a pu connaître. Qu'elles soient sociales, sociétales ou encore politiques. A la fois les passions collectives et la solitude des individus, sans omettre l'autodérision dans son rapport à sa propre profession.

Il a su traduire pendant plus de quarante ans, avec des mots simples et justes, la vie des Français dans toute sa dimenssion. Sa poèsie, cette façon de parler des choses graves avec une infinie tendresse vont manquer. Il parlait de lui, il parlait de nous, d'un âge d'or inatteignable, il était chanteur...un immense chanteur.

Claude NICOLET

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